“Groupe 9, Wi-Card!” Quelques mois après la genèse de l’idée, beaucoup de discussions, du travail de terrain et un certain nombre de courtes nuits, nous voilà prêts pour présenter notre idée. Devant nous se trouve une quarantaine de participants au cours d’E-Business enseigné dans le cadre du Master en Système d’Information d’HEC Lausanne par Yves Pigneur, co-auteur du livre à succès Business Model Generation.

Basé sur le désormais fameux Business Model Canvas, le cours se veut orienté pratique, invitant les participants à sortir de leur zone de confort et à expérimenter la vie entrepreneuriale à l’aide d’outils stratégiques et d’un bagage théorique.

 

business model workshop

Un simple poster et des post-its?

Souvent sous-utilisé, le modèle n’est pas une simple méthode pour lister et afficher les différents éléments constituants d’un modèle d’affaire. Il permet de comprendre l’essence d’un business model, d’en choisir un parmi plusieurs prototypes, le faire évoluer, parfaire ses rouages et se préparer aux métamorphoses futures en développant des scénarios.

Un outil évolutif donc. Et rien de mieux que de mettre la main à la pâte pour le découvrir soi-même. En effet, dès le premier cours, nous sommes invités à former des équipes et trouver une idée de business model qui nous accompagnera pour le reste du semestre.

Nous partirons avec Wi-Card, l’idée de Didier de numériser les traditionnelles cartes de visite de restaurants pour les rendre plus dynamiques et faciles à partager.

Se poser les bonnes questions

En esquissant la première version de notre modèle d’affaire, nous commençons à découvrir ses enjeux, forces et faiblesses. Nous nous posons un certain nombre de questions:

  • Est-ce que la proposition de valeur est assez convaincante?
  • Devons nous nous concentrer sur les restaurants, ou permettre aux utilisateurs de mémoriser et partager n’importe quel lieu?
  • Est-ce que les établissements seraient prêts à payer pour un service permettant d’entrer en contact avec les utilisateurs?

Prototyper et tester – le nerf de la guerre

“Prototyping let’s you fail early to succeed sooner”
- IDEO

La seule manière de répondre à ces questions passe par une phase de tests et d’expériences. Même si le concept est encore loin d’être ficelé, nous créons rapidement un prototype sous la forme d’une “landing page”. L’avantage est de pouvoir attirer des personnes en dehors de notre cercle qui ne connaissent pas encore le concept et qui ne sont pas acquis à notre cause par principe afin de récolter des feedbacks honnêtes et faire parler les chiffres.

Outils utilisé:

  • Powerpoint/keynote pour les illustrations
  • Wix, drag and drop website builder

“Showing Vs Telling”

Un prototype est bien plus performant que n’importe quelles explications lorsqu’il s’agit de se confronter à l’avis d’utilisateurs potentiels.

Cette première landing page nous a permis de faire des tests au niveau des propositions de valeurs et de jauger l’intérêt pour notre application.

Feintant la possibilité de la télécharger, nous avons analysé le nombre de personnes intéressées. Une redirection vers un questionnaire nous a permis de mieux comprendre leurs attentes et de collecter l’adresse email des plus convaincus.

Résultats:

  • Plus de 200 visites, 41 “téléchargements” et 8 adresses emails récoltées
  • L’idée intéresse, mais nos propositions de valeur ne sont pas assez bien formulées
  • La différentiation avec d’autres services comme Foursquare n’est pas claire

Notre série de tests pour valider nos hypothèses initiales (concept à la base du mouvement du lean startup) nous a également emmené dans les rues de Lausanne afin de présenter notre service à certains cafés, restaurants et magasins.

Résultat:

  • Nous découvrons un nouveau segment client intéressé auquel nous n’avions pensé depuis nos bureaux en entrant sur un coup de tête dans un magasin de vêtement.
  • 40% des dix établissements visités seraient prêts à payer 29 CHF par mois pour notre service.

Un processus itératif

Forts de l’expérience acquise et des retours d’utilisateurs et clients potentiels, nous adaptons et raffinons notre Business Model. À ce stade, il est particulièrement intéressant pour visualiser les différents éléments qui le composent, évaluer leur pertinence individuelle et la cohérence de l’ensemble.

Mais cela ne s’arrête pas là. Le processus est itératif implique un retour par la case prototypage et testing avec les nouvelles informations en poches et les améliorations à valider. Voici les résultats:

  • Une landing page remodelée afin de mieux transmettre notre proposition de valeur et une différentiation plus franche des concurrents
  • 700 visites, 124 “téléchargements”, 24 adresses emails
  • Des utilisateurs déçus de ne pas pouvoir utiliser l’application tout de suite
  • Une mission (relayée par ce blog post) qui résonne

Outils utilisé:

C’est ainsi que dans le cadre d’un cours innovant et entrepreneurial, nous sommes parvenus à passer d’une idée à un projet que nous souhaitons concrétiser par la suite. Wi-Card.ch est l’aboutissement de plusieurs heures de travail où nous sommes passés des post-it et des longues discussions à la confrontation du monde réel. Si nous devions retenir une seule leçon, ce serait celle de Steve Blank « Getting out of the building ».

Avoir une idée c’est bien, la partager, la critiquer et la faire évoluer avec les personnes concernées est indispensable. Une idée n’a de la valeur que si son exécution est bonne. En ce sens, le Business Model, nous a permis de visualiser les neufs blocs qui peuvent être chacun source d’innovation. Penser, modéliser, tester et recommencer, tel est le processus qui favorise le succès de n’importe quel projet.

PS: Merci à Sandra, Valeria et Didier pour cette aventure et avoir participé à l’élaboration de ce post.